Séminaires
11/02/2011

par Nelly Quemener, doctorante en Sciences de l'Information et de la Communication, ATER UFR Communication à l'Université Sorbonne Nouvelle-Paris III, Laboratoire CIM
Jusqu’en 2006 et l’émission de stand up Le Jamel Comedy Club diffusée sur Canal +, les noirs étaient quasiment absents de la scène humoristique en France. Cette absence ne signifiait pas une absence de représentation : le noir ou « l’Africain » étaient représentés par des humoristes blancs tel Michel Leeb qui s’inspiraient des imaginaires coloniaux pour proposer des performances caricaturales promouvant un rire de moquerie auprès des publics blancs. Aussi premiers humoristes noirs en France s’attachent-ils à développer un humour de dénonciation de l’inexistence des noirs dans la sphère publique : Dieudonné, lui-même métisse, défend dans ses premiers spectacles, la nécessité d’une histoire des colonies ; Patson désigne sans détour les discriminations raciales dont il est objet ; Thomas N’Gijol développe des chroniques à l’accent politique, et s’oppose frontalement aux politiques de l’immigration des gourvernements en place. Plus que des récits de vie, les humoristes noirs se distinguent de l’humour des minorités ethnoraciales par des performances le plus souvent hyperboliques, qui exacerbent tantôt les propos racistes, sexistes et classistes, tantôt les attendus du stéréotype afin d’en montrer l’enfermement et la violence. À quelles stratégies d’empowerment ces procédés correspondent-ils ? Développent-ils des logiques de confrontation avec les blancs ? Oeuvrent-ils au contraire en faveur d’une indifférenciation ? Nous nous pencherons sur une série de sketches principalement tirés des émissions de talk shows et de l’émission Le Jamel Comedy Club.

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