Séminaires
08/04/2011

Deux interventions au programme du prochain séminaire mensuel Ermine - Équipe de recherche sur les minorités nationales et les ethnicités, composante du CRBC Rennes 2 : « Du point de vue des marges : Aimé Césaire, discours postcolonial, pensée postmoderne ? » par Buata Malela - « Les réfugiés et l'histoire : l'exemple de l'UNRRA (1945-1948) » par Sharif Gemie.
Qu'est-ce que repenser la démarche intellectuelle d'Aimé Césaire dans l'univers de la diaspora dans la temporalité postmoderne et postcolonial ? Une telle période recoupe deux moments qui ont été propices à la maturation et à l'épanouissement intellectuel de la réflexion césairienne sur ce que nous appelons la colonialité du pouvoir. Dès lors, aborder celle-ci à partir de celle-la peut-il rendre plus intelligible le contexte actuel qui a vu depuis de nombreuses années réapparaître dans l'espace public la problématique relative à la colonialité à travers ce que l'on appelle la question « noire » ou encore celle de la diversité ? Si la résurgence dans l'espace public d'une telle interrogation entraîne un bouleversement de l'univers des débats, celui-ci en formation depuis longtemps se retraduit-il dans la pensée et la pratique littéraire d'Aimé Césaire ?
A partir de là, il s'agit surtout d'interroger le moment du positionnement littéraire, politique et philosophique d'Aimé Césaire dans le champ intellectuel de la diaspora afro-descendante. On se demande si, chez Césaire, les rapports de proximité avec soi-même et l'altérité passent par une déconstruction de la violence épistémique, héritée de l'incorporation de l'aliénation. Pour ce faire, Césaire semble proposer une modalité d'approche de l'identité et de l'altérité à partir de l'usage de figures de proximité. Quel est le statut de ces figurations alors conçues comme des représentations refondatrices grâce à la relecture postcoloniale de la colonialité qui, dans sa production, s'exprime sous la forme d'expériences concrètes comme la violence et la souffrance humaine ? Peuvent-elles être considérées comme constitutives de l'ipséité des minorités et comme la mesure des rapports au monde de Césaire ?
La United National Relief and Rehabilitation Administration (UNRRA) a été créée en 1943, et est devenue la première institution de l’ONU. Ce fut une organisation originale, porteuse des grands idéaux des alliés à la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais également rapidement entâchée d'une réputation de corruption sordide, critiquée par les organisations plus anciennes de charité religieuse, et marquée par une forte volonté technocratique. Elle a été confrontée à deux grands défis : les problèmes de santé dans le monde d'après-guerre, et le soin aux personnes déplacées en Allemagne et ailleurs.
À travers son exposé, l'auteur considère trois méthodes d’analyse de cette organisation : d’abord, en tant qu'instrument d’une politique de santé mondiale ; deuxièmement, comme l'application d’une politique sociale aux personnes déplacées ; et, troisièmement, comme un sujet d'histoire sociale des camps de refugiés. Il suggère que cette troisième approche est la plus révélatrice de la vraie nature de l’organisation.
Cet exposé est tiré de son prochain ouvrage, Outcast Europe : Refugees and Relief Workers in an Era of Total War, 1936-48.

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