Séminaires
14/10/2011

Les liens avec son territoire d'origine et son territoire d'accueil en situation de migration par Linda Guidroux, docteur en ethnologie - Université de Bretagne occidentale, Brest / Université Laval, Québec, Canada.
La migration bretonne vers les Amériques est remarquable par son importance et sa continuité. Selon Le Clech, pionnier et spécialiste de la migration bretonne, 550 000 Bretons ont émigré pour les États-Unis et 45 000 pour le Canada entre 1880 et 1970.
De 2006 à 2009, dans le cadre de ma recherche doctorale, je suis partie à la rencontre de quelques Bretons ayant choisis cette migration vers un territoire particulier, le Québec, depuis 1950. La problématique qui m’a stimulée a été de découvrir si ces Bretons, ayant migré à 6°000 kilomètres de leur territoire d’origine, ont choisi ou non d’exprimer, de valoriser, voire de réinventer leur appartenance culturelle régionale bretonne en terre d’accueil. Autrement dit, pourquoi et comment se dire Breton au Québec ?
Cette recherche m’a permis d’identifier et de décrire comment certains migrants ont transplantés en territoire d’accueil, comme beaucoup de leurs concitoyens dans d’autres pays du monde, certaines de leurs pratiques culturelles et manifestent par celles-ci leur attachement à la terre de leurs ancêtres. J’ai pu ainsi mettre en avant la production d'une nouvelle bretonnité, l’invention d’une culture « extra-territoriale ».
Dans le cadre de cette communication, je propose plutôt de voir d’une part dans quelle mesure la prégnance de cette appartenance culturelle en terre d’accueil a été conditionnée par la nature des liens que le migrant a gardés avec son territoire et sa culture d’origine, la Bretagne. D’autre part, je présenterai comment le choix de cette bretonnité a également été influencé par les liens que le migrant a construit avec le territoire et la société d’accueil, à savoir le Québec.

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