L'objectif du projet est d'étudier les principaux ensembles territoriaux du monde dans lesquels des États appartenant à une même zone géographique créent un espace économique commun, voire une identité commune.
La mondialisation appelle clairement à une réorganisation des niveaux de gouvernance. Les États s'avèrent de plus en plus souvent impuissants pour résoudre seuls certains problèmes. Parce qu'elles regroupents des États moins hétérogènes que les organisations mondiales, les organisations d'intégration régionale peuvent faire progresser la gouvernance dans bon nombre de domaines et même faire office de "laboratoire" pour de futures réglementations mondiales.
Les organisations d'intégration régionale qui seront prioritairement étudiées en raison de leur importance juridique, politique et commerciale sont :
Les réponses apportées au sein de ces intégrations régionales sont variées. En effet, elles sont parvenues à un stade d'intégration inégalement avancé, poursuivent des objectifs différents et empruntent des méthodes diverses. Leur développement est indissociable de leur environnement tant du point de vue des contraintes économiques et des données géographiques que du point de vue des relations d'échange et/ou de conflit avec leurs voisins.
Les évolutions récentes de diverses intégrations, en termes d'élargissement et/ou d'approfondissement des compétences relancent encore l'intérêt d'une comparaison entre elles : au-delà des discours, quelles sont les véritables convergences ou divergences qui existent entre elles ? De plus, dans un monde globalisé, les relations entre intégrations elles-mêmes se développent sur les plans économique et politique. L'Union européenne a noué en Amérique latine des partenariats, dont certains dits stratégiques, qui reposent sur des valeurs communes et la défense du multilatéralisme ; ils contribuent aussi à la défense des intérêts européens et visent notamment à se positionner face aux États-Unis. Elle tente par ailleurs de concilier ses liens privilégiés avec les États en développement d'Afrique, des Caraïbes, et du Pacifique avec les lourdes contraintes de l'OMC. Sur le plan commercial, les difficultés rencontrées par le cycle de Doha ont par ailleurs relancé la dynamique des accords de libre-échange, les partenaires cherchant à y intégrer les questions restées en suspens à l'OMC. On peut légitimement s'interroger sur l'articulation entre gouvernance mondiales et gouvernance régionale et sur le fait de savoir si ces stratégies qui donnent une place accrue au bilatéralisme confortent ou fragilisent les intégrations régionales.
