Dans les années 1960-70, à l’initiative de diverses institutions de recherche (DGRST, Musée des ATP, CNRS, etc.), le domaine français et plus spécifiquement le monde rural furent l’objet de grandes enquêtes collectives en sciences sociales et humaines : Plozévet, l’Aubrac, le Châtillonnais, les Baronnies, la Corse.
Ces recherches collectives, quelles soient "actions concertée", "recherches collectives sur programme" (RCP), "actions thématiques programmées" (ATP), mobilisèrent des disciplines qui n’avaient guère l’habitude de coopérer, surtout lorsque l’initiative tenta un rapprochement entre les sciences anthropobiologiques et les sciences sociales. Elles concernèrent un nombre assez important de chercheurs, plusieurs dizaines, si ce n’est quelques centaines. Et elles donnèrent lieu à des publications diverses, rapports, articles, thèses, livres, certaines d’entre elles ayant suscité quelques frictions avec une partie des « observés ». À leur occasion, une vaste documentation fut constituée.
La RCP de Plozévet fut la première du genre. La plus ambitieuse, elle mobilisa près d’une centaine de chercheurs pendant plusieurs années et un vaste spectre disciplinaire. Et c’est à l’aune de ses réussites, de ses difficultés et de ses échecs que se déployèrent les autres RCP. Pendant près de quarante années, ces recherches furent oubliées. Cela en dépit de la publication d’ouvrages devenus des classiques de la littérature sociologique ou ethnologique. Cette amnésie semble préjudiciable. Car on est loin de tout connaître sur l’histoire de ces grandes enquêtes, sur leur origine, sur leur conception, sur leur déroulement, sur leurs difficultés, sur leurs apports, sur leurs influences dans le développement des disciplines, leurs confrontations et coopérations.
Les grandes enquêtes pluridisciplinaires des années 60/70 en France : bilan et perspectives

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