Histoires des Bretagne : racines, sources et représentations
Ce séminaire de recherche s’adresse à des spécialistes de plusieurs disciplines : historiens, littéraires, celtisants et linguistes spécialistes du Moyen Âge, mais aussi ethnologues ou historiens de l’art travaillant sur la Bretagne et ses représentations. En marge de ses spécialités, la « matière de Bretagne » est également l’objet d’une très intéressante réception littéraire, idéologique et artistique, tant dans le domaine d’expression française que dans les autres domaines, et les chercheurs travaillant sur la réception, la comparaison, la filiation, seront également les bienvenus. Le travail est organisé sous la forme de journées d’étude, autour de thèmes précis renouvelés périodiquement (tous les 3 semestres). Sont prévues 5 interventions par journée, et deux à trois journées par an.
La première série de journées d’étude, consacrée aux mythes de fondation, s’est déroulée entre septembre 2007 et janvier 2009. Un premier volume rassemblant les communications est en préparation, et sera disponible à l’hiver 2010.
Histories of Britain: Roots, Sources and Representation
This project was undertaken in 2007 at the University of Western Brittany (Centre of Breton and Celtic Studies/ Brest, France) by several specialists of Medieval Studies (medieval history, medieval literature) willing to build an interdisciplinary seminar, in a region where the “matter of Britain” and the Middle Ages, through modern representations, have a strong pregnancy in local culture. Thus, this research project appeals to scholars in many fields: medieval specialists in history, literature, Celtic studies, linguistics, ethnology or arts, studying Britain and the way it is represented from the Middle Ages to nowadays. On the fringe of these fields, the “Matter of Britain” is also a valuable material for a literary, ideological and artistic reception, in French-spoken and Breton-spoken areas as well as in other areas. Scholars interested in reception, comparison and filiation are also more than welcome.
The first three seminars, devoted to the “Myths of foundation” took place from September 2007 to January 2009; the papers shall be gathered in a first volume of a series, to be published soon in 2010.
Le premier volume, « Histoires des Bretagnes, I : Mythes de Fondation » paraîtra pendant l’hiver 2009-2010.
D’origine savante ou populaire, sous forme orale ou écrite, les mythes de fondation intéressent au plus haut point les représentations médiévales de(s) Bretagne(s). Par leur rapport particulier au temps et à l’espace, par leur fonction explicative et interprétative, ils participent de la fondation d’une communauté laïque ou ecclésiastique, civile ou militaire, aristocratique ou roturière, imaginaire ou réelle, qui se reconnaît par le sens, les discours et les pratiques qu’elle met en relation avec les mythes.
En même temps, les mythes de fondation excluent symboliquement tous ceux qui ne se reconnaissent pas en eux. Ils peuvent aussi neutraliser des tensions sociales, politiques, religieuses ou culturelles.
Sans circulation et diffusion, ces mythes de fondation ne seraient rien. Leur réécriture, leur reformulation, leur censure ou leurs mises en images font aussi partie du domaine des représentations, réelles ou imagées, de(s) Bretagne(s).
Sans cesse repoussés, les confins sont l’objet de fascination : îles lointaines, terres sauvages ou promises, origines, au-delà ou lieu du salut : ils donnent un mouvement particulier à nos plus grands textes médiévaux, tant aux chroniques, ouvrages encyclopédiques et bestiaires, qu’aux romans ou aux textes édifiants.
Routes, navigations, quêtes et chemins construisent l’espace historique et imaginaire des Bretagnes. En réponse à la translatio imperii que représentent les grandes migrations légendaires s’organisent, dans toutes les cultures européennes, les grandes quêtes comme celle du Graal. Mais la route est aussi marchande, maritime, religieuse, et c’est aussi un espace d’échange. Aux marches des territoires de Bretagne s’organisent les expéditions de conquêtes territoriales et politiques ou les itinéraires religieux (route de pèlerinage, de pénitence et de christianisation). Mais les frontières s’ouvrent aussi à la circulation des récits, des chants et des noms, à l’échange des mots, des biens et des coutumes. C’est une circulation que les chercheurs enregistrent étape par étape dans leur itinéraire personnel.





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