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Pôle Mondes armoricains et atlantiques / La charpente comme vecteur de diffusion du Gothique

(XIIè-XVè siècles) dans l'ouest de la France : entre innovation, archaïsme, symbolisme et déterminisme environnemental.

Pourquoi aborder un tel sujet sous l'angle des études de charpentes ? A cela, plusieurs raisons peuvent être avancées : en premier lieu, les datations dendrochronologiques se sont imposées depuis une vingtaine d'années dans les débats entre historiens, archéologues, historiens de l'art, environnementalistes... grâce à l'extraordinaire précision des dates fournies par la mesure des largeurs de cernes d'arbres anciens. Certaines attributions culturelles ou stylistiques ont ainsi nécessité une relecture des modèles architecturaux établis. Il est vrai que certaines datations ont tout de même suscité beaucoup de remous et de débats passionnés au sein de la communauté archéologique et médiéviste ; le cas du donjon du château de Loches en est probablement le meilleur exemple (Feuillet 1991 ; Dormoy 1997 ; Impey, Lorans et Mesqui 1998).

En second lieu, différents travaux réalisés ces dernières années ont placé les structures de bois au coeur des discussions pour tracer les contours d'un passage entre Roman et Gothique, que ce soit en Normandie (Epaud 2007), en Anjou (Hunot 2001), en Belgique et dans le Nord de la France (Hoffsummer 2005). Des études de manoirs bretons des XIIIè-XVIIè sicècles ont bien été entreprises par l'équipe britannique du professeur Merion-Jones pendant 20 ans. Mais, pour l'heure, rien n'a encore été entrepris d'aussi systématique sur les charpentes en Bretagne, même si un recensement du Gothique breton est en cours d'achèvement par le Service Régional de l'Inventaire.

Enfin, tout reste à faire pour déterminer si réellement la péninsule Armoricaine a vécu en état d'arriération culturelle jusqu'à son rattachement au royaume de France ou si, bien loin des lieux communs, la Bretagne a su épouser ces changements stylistiques avec la même facilité que ses voisins. Ce projet tentera de déterminer la vitesse de propagation du Gothique depuis ses marges politiques et naturelles, la présence de poches "d'archaïsme" ou d'innovation.

Il s'agira également de mettre en évidence les stratégies adoptées par l'homme pour répondre aux contraintes mécaniques imposées par les nouveaux styles de charpentes, plus économes en petits bois, mais plus lourdes du fait de grosses pièces plus nombreuses.

Ceci sous-entend une gestion particulière des espaces forestiers pour répondre aux énormes besoins liés à l'approvisionnement d'un gros chantier de construction (église, cathédrale, château...). Or, du fait de la rareté et de la faible étendue des massifs forestiers, du fait de sols parfois dégradés et peu épais, la Bretagne présente une production en bois d'oeuvre de qualité très inégale. Dans quelle mesure la pression de plus en plus forte qui s'est exercée sur le milieu forestier depuis près de 3000 ans a-t-elle pu induire des changements dans la physionomie, dans la morphologie ou dans les techniques de construction de la charpente gothique en Bretagne ? Quelles sont ces spécificités, si elles existent et quelles en sont les raisons ?

Contacts

Responsable scientifique

Vincent BERNARD - UMR CNRS 6566 - CReAAH

Partenaires

CNRS
Université Rennes 1
Université Rennes 2
Région Bretagne
Univ Reading
Ohio
MSH Tours

Partenariats internationaux

Royaume Uni, États-Unis

Disciplines

archéologie
histoire
histoire de l’art

Type de soutien

Financier

Durée

Date de début : 17/06/2008
Date de fin : 31/12/2011

En savoir plus

Accéder au site web Possibilité de rechercher les sites de l'Ouest déjà intégrés à ce programme et d'avoir un premier aperçu par "chrono-localisation" de l'arrivée du Gothique

 

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