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08 juillet 2020
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Le volume 43 des "Cahiers de Mariemont" sera consacré à la question de la réplique en histoire de l’art et s’intéressera à la réplique en tant que copie d’une œuvre, dont la visée n’est pas de tromper.

La réplique fait l’objet d’un certain dédain, car elle est dépourvue d’une aura, selon la définition de Walter Benjamin (L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique, 1936). Pourtant la production de répliques ne peut être ignorée dans la mesure où elle a joué un rôle important en histoire de l’art en étant intimement liée à la production artistique et à sa diffusion. La copie a longtemps fait partie de la formation de l’artiste et sans leurs copies romaines, les statues grecques ne seraient connues que par les sources textuelles. Si le groupe du Laocoon est visible dans toute l’Europe du xixe siècle, c’est notamment via ses innombrables répliques (en bronze, en marbre ou en plâtre) contribuant ainsi à la constitution d’un patrimoine visuel commun. Les dégradations des œuvres, liées à leur exposition, ont aussi encouragé le secteur muséal à produire des substituts, comme ce fut le cas de la grotte de Lascaux. Le fait de dupliquer une œuvre d’art, que ce soit pour en faciliter l’accès ou la conservation questionne notre rapport à l’original et/ou à l’authentique. De fait, il est aujourd’hui possible à tout un chacun grâce à l’impression 3D, de produire sa propre copie des frises du Parthénon, grâce aux scans réalisés par le British Museum. La création de répliques a pu être récemment évoquée dans les débats liés aux restitutions d’œuvres d’art. Deux artistes contemporains ont ainsi réalisé une réplique du buste de Néfertiti conservée au Neues Museum de Berlin, qualifiant leur geste de “restitution numérique”.

Il s’agit donc d’une question complexe qui peut être saisie dans sa dimension transdisciplinaire – recoupant l’histoire, l’archéologie, la muséologie, ou l’histoire culturelle – tout comme elle peut être appréhendée dans sa dimension technique et matérielle. Elle porte également en elle des aspects moraux et déontologiques.

Voici une liste non exhaustive de pistes de réflexion à explorer :

  • l’art de la réplique
  • la puissance transformative de la réplique
  • définition et pouvoir de l'original – valeur de la copie
  • réplique et modernité : un tournant ?
  • l’ « incopiabilité » des œuvres / l’interdiction de reproduire
  • réplique et nouvelles technologies / les étapes du processus de réplique
  • réplique et politique
  • le public et la copie /  la réplique et la démocratisation de l’art
  • la conception de la réplique dans différentes aires culturelles
  • les usages de la copie au musée et en archéologie
  • le commerce de la copie

 

Modalités de soumission

Les propositions de contributions, en français ou en anglais (comprenant un résumé de 2 000 à 3 000 signes, avec un titre provisoire, une courte bibliographie sur le sujet, et une biographie de 2 ou 3 lignes) sont à envoyer à l’éditeur des Cahiers de Mariemont, Jean-Sébastien Balzat avant le 15 septembre 2020.

Le texte de l’article (max. 30 000 signes, espaces compris) ainsi qu’un résumé (français et anglais) et 10 mots clés (français et anglais) sont attendus pour le 15 janvier 2021.

 

Noms des coordinateurs du volume 43 des Cahiers de Mariemont

  • Dr Lyce Jankowski, conservatrice des arts extra-européens, Musée royal de Mariemont
  • Dr Jean Sébastien Balzat, éditeur scientifique des Cahiers de Mariemont

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