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23 juin 2020
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Ces journées d'études auront lieu les 21 et 22 janvier 2021 à Rennes, co-organisées par le groupe « Espaces politiques locaux » du Collectif de recherche sur les élections municipales et intercommunales et le groupe Compétition politique de l'AFSP.

Cet appel à contribution pour deux journées d'étude porte sur le thème de la recomposition des champs politiques locaux et  du champ politique national à l'aune des élections municipales. L'appel à communications invite à ré-interroger la thèse de l'unification des « marchés politiques » locaux sur les jeux et enjeux nationaux. Les questionnements s'articuleront autour du rôle des partis dans cette élections ; des enjeux et pratiques électorales ; des résultats électoraux à l'aune de la nationalisation des comportements politiques ; de l'enjeu « COVID 19 » dans le cadre de ces élections municipales.

Pour le·la politiste, les exceptionnelles élections municipales de 2020 éveillent un intérêt heuristique certain. La crise de la Covid 19 a perturbé le premier tour et totalement modifié les conditions du second. Avant-cela, il s’agissait des premières élections locales depuis la recomposition de l’offre politique et électorale de 2017 et l’émergence fulgurante d’un nouvel acteur politique de premier plan, LREM. Avant même la diffusion du Coronavirus dans les derniers jours de la campagne, ces élections municipales semblaient déjà, à première vue, présenter des singularités. On a vu se développer des stratégies électorales et d’alliances à géométrie variable qui brouillaient la lisibilité de l’offre politique. Selon les configurations politiques locales, la commission d’investiture de LREM a investi ses propres têtes de liste ou a apporté son soutien à des maires sortants LR comme, dans une moindre mesure, du PS. De façon inédite, des maires sortant·e·s, candidat·e·s à leur propre succession ont donc pu bénéficier d’un double soutien LREM et LR ou LREM et PS. Outre ces alliances au cas par cas, cette campagne électorale a été marquée par l’effacement des étiquettes politiques, procédant d’une démonétisation des marques partisanes. On a assisté tout d’abord à la multiplication des listes citoyennes et sans étiquette en milieu urbain. En outre, des stratégies de « personnification », de départisanisaton et d’ouverture citoyenne semblent avoir été adoptées assez largement – y compris dans des grandes villes – par de multiples candidat.e.s, issu.e.s des partis « traditionnels » ou émergents (LREM), qui ont cherché, sinon à masquer totalement, du moins à rendre moins visible leur ancrage partisan. De ce point de vue, les listes EELV et RN, et dans une moindre mesure, LFI semblent constituer des exceptions relatives : bien que laissant parfois une large place aux candidatures citoyennes » (pour EELV et LFI), elles continuent à mettre en avant des étiquettes dont la charge symbolique et la capacité mobilisatrices sont considérées comme positives (du moins auprès d’une partie de l’électorat).

Ces premières observations invitent à ré-interroger l’actualité et la pertinence de la thèse de l'unification des marchés politiques qui postule un alignement tendanciel des jeux politiques locaux sur les jeux partisans nationaux. À l’appui de cette thèse, Daniel Gaxie et Patrick Lehingue mettaient en avant, au début des 1980, le caractère de plus en plus structurant des appareils partisans dans les campagnes municipales, la tendance à l’alignement des alliances locales sur les alliances possibles au niveau national ainsi que la diminution des candidat·e·s sans étiquette aux élections municipales. Les municipales de 2020 témoignent-elles d’une mutation, d’une pause ou, plus radicalement d’une remise en cause de cette dynamique d’unification ?

Modalités de soumission

Elles devront être envoyées à l’adresse suivante avant le vendredi 9 octobre 2020.

Les propositions de communications (d’environ 5000 signes) doivent comprendre une présentation du terrain, des méthodes d’enquête et des principaux questionnements.

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