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en arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales

15 septembre 2020
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8ème Congrès de l’Association belge francophone de science politique - 9ème Congrès des associations francophones de science politique. Science Po ULB, Bruxelles, 7-9 avril 2021

 

L’épidémie Covid 19 et les mesures de confinement ont plongé les universités dans l’inconnu. Les pratiques de recherche, d’enseignement et de service à la collectivité de l’Université ont été bousculées, modifiées tantôt dans le chaos, tantôt de manière ordonnée. Elles ont été l’objet d’initiatives individuelles et spontanées ou se sont parfois très vite institutionnalisées, imposées au Professeur, au chercheur, à l’étudiant.

Visant la continuité pédagogique et scientifique, les autorités académiques de nombreux pays ont mobilisé massivement les outils numériques présentant autant d’avantages que de défis pour l’enseignant.e et le/la chercheur.e. Avec de notables différences en fonction du genre, du statut ou disciplinaire, ces activités se sont adaptées. Les agendas de recherche se sont focalisés rapidement sur la gestion de crise pour produire des données directement utilisables tandis que certaines recherches en cours ont modifié leur protocole grâce aux solutions numériques (notamment en matière de collecte de données). Par ailleurs, les scientifiques ont été fortement médiatisés, en intervenant régulièrement sur la gestion de crise et ce moment d’exception (Bouhon et al. 2020). Par le biais de tribunes, ils ont interpellé le citoyen sur les oubliés et les impensés de la gestion de crise, déconstruit les modèles imposés (Moulin 2020), diversifié l’expertise et suggéré des alternatives possibles de sortie de crise (Claisse 2020, Latour 2020, Langois 2020).

Pour autant, ces adaptations immédiates à un choc exogène et inattendu (bien que prévisible – voir Thiry et al. 2020) recèlent également une série de formes de résistances aux cibles multiples : résistances aux modèles imposés par les autorités publiques, résistances face aux technologies numériques, résistances dans sa manière de mener sa recherche autrement.

Cette section thématique s’intéresse aux difficultés rencontrées et aux pratiques transformées, adaptées ou maintenues touchant à trois missions de l’Université (enseignement, recherche et service à la collectivité) sous l’angle des résistances. C’est pourquoi trois axes seront développés dans cet appel :

  • Quelle a été ma posture de chercheur.e, de professeur.e, d’étudiant.e au sein d’une société en crise, et d’une société post-crise ? Il s’agit de questionner l’engagement du chercheur, du professeur (Callon 1999, Thoreau 2013) durant cette période sur l’enseignement, la recherche ou le service à la collectivité. Quels rôles ont-ils joué sur la scène médiatique ? Comment communiquer de manière scientifique en période de crise, sur quels sujets? Faut-il communiquer ou au contraire, faut-il envisager une « cure de silence » (Lachenal 2020)?
  • Quels types de méthodes d’enseignement, quels types de support donné ou reçu est à privilégier pour mes étudiants dans ce type de situation inédite, selon quels supports ? Le changement de support n’est pas neutre, il produit des effets de traduction (Callon 1986 ; Callon, Lascoumes et Barthe 2001). Le tout numérique doit-il devenir pérenne ? Les canaux numériques sont ainsi susceptibles de produire de nouvelles façons de représenter les phénomènes sociaux et politiques (Ollion et Boelaert, 2015 ; Courmont, 2018).
  • Comment les pratiques de recherche se sont-elles trouvées modifiées en période de crise ? Pourquoi ? La production de savoirs scientifiques, son contexte, ses limites sont particulièrement intéressants à décortiquer également. Il s’agit de questionner la manière dont on collecte des données en période de crise, en « terrain miné » (Albera 2011). Mais aussi d’analyser ce que, finalement, les difficultés rencontrées peuvent nous dire sur nos terrains, nos objets, nos méthodes.

Chaque soumissionnaire devra identifier les difficultés rencontrées, questionner les pratiques universitaires en période de crise et de post-crise et s’interroger sur les effets à court terme et moyen terme sur l’objet de recherche, d’enseignement ou de service à la collectivité choisi ainsi que sur la manière de travailler.  Le/la soumissionnaire est également invité à inclure, s’il le désire, une perspective selon le genre, l’appartenance statutaire ou disciplinaire et une dimension comparative internationale.

 

Modalités de proposition

Les propositions de communications comprendront 500 mots environ, sans compter la bibliographie. Elles sont attendues pour le 1er octobre 2020 par courriel à l’adresse des coordinateur.trice.s de cette session thématique : christine.guionnet@univ-rennes1.fr, francois.debras@uliege.beceline.parotte@uliege.be, msacco@ulb.ac.be