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en arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales

04 mai 2020
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Ce dossier souhaite renouveler les débats autour de deux objets de controverses : la « durabilité » et les inégalités écologiques, d’une part, les espaces périurbains, d’autre part. Date limite : 1er octobre 2020.

Ce dossier vise à identifier et questionner dans les espaces périurbains cette diffusion du « développement durable » moins médiatisée, sous ses formes variées. Comment les habitants de ces espaces, à titre individuel ou collectif, intègrent-ils ou non ces préoccupations (voire injonctions) écologiques, pour en tirer un bénéfice personnel ou une « bonne conscience », ou au contraire essaimer des démarches conjointes (co-voiturage par alternance, phénomène de densification BIMBY [Built In My BackYard], sociabilités de jardinage entre voisins…) ? Dans quelle mesure se distinguent-ils des initiatives des pouvoirs publics locaux et/ou des acteurs économiques (les hypermarchés, les promoteurs immobiliers…) autour de la question écologique ?

Deux approches sont particulièrement encouragées :

  • Si la question écologique n’est pas vécue uniformément par les populations qui composent ces espaces, elle n’est pas non plus appréhendée de façon identique. La palette des pratiques écologiques donne à voir une diversité des profils des habitants et renvoie à des enjeux de stratification sociale. Des logiques spatialisées de « distinction », au sens de Pierre Bourdieu, c’est-à-dire révélant des pratiques propres à des groupes sociaux (Ripoll, 2013), peuvent apparaître, voire se creuser, sur la base de l’investissement dans l’« éco-conscience » ou à travers la représentation du « bon citoyen » ou celui, à l’inverse, qu’il conviendrait d’« éduquer au développement durable ». Ceci interroge également la façon dont les inégalités dans l’accès aux potentiels environnementaux (ressources et aménités) ou dans l’exposition aux nuisances ou aux risques (proximité d’installations industrielles, pratiques d’épandage de boues d’assainissement, etc.) se combinent à des inégalités sociales, en examinant où et quand elles se renforcent mutuellement ou bien se neutralisent. Il s’agira donc d’aborder les inégalités sociales face à la question écologique à l’échelle des espaces périurbains : identifie-t-on des pratiques écologiques d’« abondance » (« maison passive » de standing…) qui reposent sur des prédispositions économiques, ou une écologie « populaire » plus contrainte dans ses démarches et qui pose la question des moyens de telles pratiques ? Que révèlent les éventuelles tensions qui peuvent apparaître entre ces deux approches écologiques ?
  • Les trajectoires de conversion écologique qui prennent forme dans les espaces périurbains questionnent également l’évolution de ces derniers. Des projets environnementaux innovants s’y développent à travers le logement et le bâti (habitats participatifs hors des seuls éco-quartiers, coopératives énergétiques locales) ou encore les modes de vie (à l’exemple de la lutte contre le gaspillage, de pratiques « végé », etc.). Comment ces initiatives écologiques participent-elles à l’affirmation par les populations d’une volonté d’appropriation locale et plus largement à la recomposition de ces espaces ? Peuvent-elles contribuer à construire une identité propre ? Comment se jouent les rapports à la « nature », dont la proximité peut être un motif d’installation en périurbain, mais où apparaît, entre différents groupes sociaux, une série de contradictions entre une nature maîtrisée et/ou spontanée ?

 

La problématique de ce dossier ne se limite pas au seul cas français. Elle est ouverte aux travaux sur les espaces intermédiaires urbain-rural centrés sur d’autres pays. Afin de favoriser des perspectives croisées, parfois esquissées autour des mises en catégories, des recherches comparatives sont les bienvenues, qu’elles soient locales, nationales, européennes ou internationales.

 

Modalités de proposition

Les propositions seront examinées en double aveugle par 2 membres au moins du comité de rédaction de la revue et éventuellement des experts externes.

Envoi des articles au plus tard le : 1er octobre 2020

Correspondance exclusivement en version électronique par courriel aux deux adresses suivantes.

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