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en arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales

18 mars 2019
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Cette conférence avec Marion Coville , Docteur en études culturelles (Paris 1) sera animée par Philippe Leguern, professeur à l'université de Nantes et se tiendra le 21 mars à 14h à la MSHB. Entrée libre.

Robots au travail est un programme de recherches soutenu par la Comue UBL.

Robots et Santé : Ethnographier les modalités d’échange entre robot, personnes âgées et soignants

Conférence-débat avec : Marion Coville, Docteur en études culturelles (Paris 1), ATER à l'Université de Nantes, administratrice de l'Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines. Animée par Philippe Leguern, professeur à l'université de Nantes, membre du Centre atlantique de Philosophie (Nantes-Rennes).

 

  • jeudi 21 mars à 14h
  • MSHB - Salle 005 - Entrée libre.

 

Résumé

Commercialisé depuis le milieu des années 2000, le robot japonais Paro se présente comme un « robot interactif émotionnel », censé assurer un rôle de compagnon auprès des personnes atteintes de troubles du comportement et de la communication. D’après ses concepteurs, l’usage de ce robot aux allures de bébé phoque devrait contribuer à l’amélioration du bien-être des personnes âgées et favoriserait le lien social. En raison de son coût, les propriétaires du robot sont majoritairement des établissements spécialisés, comme les Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), qui l’utilisent auprès de l’ensemble des résidents. On peut alors s’interroger sur l’appropriation de Paro dans ce contexte d’usage précis, ainsi que sur les dynamiques organisationnelles que l’introduction d’un tel dispositif permet d’observer.

Les études menées sur les effets de Paro s’appuient sur des méthodes d’évaluation gériatrique et sur des observations de l’interaction humain machine, via une approche psychocognitive centrée sur l’individu et sur une évaluation du robot et de ses fonctionnalités. Ces études font rarement entendre directement la voix de celles et ceux qui utilisent Paro. Leur expérience est observée, analysée par le biais d’indicateurs, mais le sens que les personnes donnent à leur interaction avec le robot est rarement interrogé. Enfin, ces études produisent généralement un environnement rationalisé, adapté à l’enquête et au recueil des données. Les usages de Paro interviennent dans un espace-temps relativement séparé de la vie quotidienne des individus. Les dimensions sociales de l’utilisation de Paro restent donc à explorer.

Au-delà des scripts d’usages prescrits par les concepteurs, comment est utilisé Paro dans les établissements ? Comment le robot est-il intégré à une organisation et à un réseau de relations ? En Ehpad, l’usage de Paro est partagé entre soignants, résidents, aidants et familles, dans un lieu spécifique où les interactions quotidiennes sont rythmées à la fois par l’organisation du travail et par les besoins vitaux des résidents. Dans cette situation particulière, quel rôle le robot joue-t-il dans les dynamiques organisationnelles d’une maison de retraite ? Pour répondre à cette interrogation, nous nous appuyons sur des matériaux ethnographiques (observations, entretiens) collectés lors d’une enquête de 9 mois réalisée dans 5 Ehpad français au moment de la réception, puis de l’usage, d’un robot Paro par chaque établissement.

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ROBOTS_UBL_MSHB.pdf (334 ko)