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06 janvier 2021
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Ces journées d'études, intitulées "Les élections municipales de 2020 à l’aune de la recomposition du champ politique local et national", auront lieu les 21 et 22 janvier 2021. Inscription gratuite mais obligatoire.

Le groupe « Compétition politique » de l’AFSP et le groupe « Espaces politiques locaux » du Collectif de recherche sur les élections municipales et intercommunales (CREMI) co-organisent les 21 et 22 janvier 2021, deux journées d’études.

Ces deux journées d’études se proposent d’analyser les élections municipales de 2020 qui présentent de fortes singularités. La crise de la Covid 19 a perturbé le premier tour et totalement modifié les conditions du second. Il s’agissait également des premières élections locales depuis la recomposition de l’offre politique et électorale de 2017 et l’émergence fulgurante d’un nouvel acteur politique de premier plan : LREM. On a vu se développer des stratégies d’alliances à géométrie variable qui brouillaient la lisibilité de l’offre politique. Selon les configurations politiques locales, la commission d’investiture de LREM a investi ses propres têtes de liste ou a apporté son soutien à des maires sortants LR comme, dans une moindre mesure, du PS. De façon inédite, des maires sortant·e·s, candidat·e·s à leur propre succession ont donc pu bénéficier d’un double soutien LREM et LR ou LREM et PS. Outre ces alliances au cas par cas, cette campagne électorale a été marquée par l’effacement des étiquettes politiques, procédant d’une démonétisation des marques partisanes. On a assisté tout d’abord à la multiplication des listes citoyennes et sans étiquette en milieu urbain. En outre, des stratégies de « personnification », de départisanisaton et d’ouverture citoyenne semblent avoir été adoptées assez largement – y compris dans des grandes villes – par de multiples candidat.e.s, issu.e.s des partis « traditionnels » ou émergents (LREM), qui ont cherché, sinon à masquer totalement, du moins à rendre moins visible leur ancrage partisan.

Ces observations invitent à ré-interroger l’actualité et la pertinence de la thèse de l’unification des marchés politiques qui postule un alignement tendanciel des jeux politiques locaux sur les jeux partisans nationaux. À l’appui de cette thèse, Daniel Gaxie et Patrick Lehingue mettaient en avant, au début des 1980, le caractère de plus en plus structurant des appareils partisans dans les campagnes municipales, la tendance à l’alignement des alliances locales sur les alliances possibles au niveau national ainsi que la diminution des candidat·e·s sans étiquette aux élections municipales. Les municipales de 2020 témoignent-elles d’une mutation, d’une pause ou, plus radicalement d’une remise en cause de cette dynamique d’unification ? L’hétérogénéité des alliances partisanes et la multiplication des listes citoyennes sans étiquette en milieu urbain semblent montrer que les processus analysés il y a 35 ans par Daniel Gaxie et Patrick Lehingue ne semblent pas irréversibles.

Ces journées d’études auront pour objectif de s’interroger sur l’hypothèse d’une déconnexion (partielle ?) des marchés politiques national et locaux.

Comité d’organisation : Anne-Sophie Petitfils, Sébastien Ségas, Arthur Delaporte.
Comité scientifique : Lorenzo Barrault-Stella, Florent Gougou, Julien Fretel, Christian Le Bart, Christelle Lagier, Rémi Lefebvre, Sandrine Lévêque, Sébastien Michon, Marion Paoletti, Sébastien Vignon, Anne-France Taiclet, Aurélia Troupel.

 

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