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colloques, séminaires, expositions...

1. Quotidienneté, souffrance et politisation
de la vie ordinaire à la théorie sociale

Santé et société
Séminaire
Affiche du séminaire

Estelle Ferrarese, Philosophe et déléguée CNRS au centre Marc Bloch, Berlin, interviendra le 6 novembre 2015, 10h-13h, amphi O1, bat. du Tambour.

Estelle Ferrarese est philosophe et déléguée CNRS au Centre Marc Bloch à Berlin. Elle a soutenu en 2010 son Habilitation à Diriger des Recherches en philosophie intitulée « Le vulnérable et le politique. Une théorie critique de l’intersubjectivité ». Estelle Ferrarese est l’auteure de « Ethique et politique de l’espace public. Habermas et la discussion » (Vrin, 2013) et « Niklas Luhmann, une introduction » (Pocket, 2007). Elle a également contribué à l’écriture des ouvrages suivants : « Qu’est-ce que lutter pour la reconnaissance ? » (Le bord de l’eau, 2013) , « Corps vulnérables » (L’harmattan, 2015). On notera également sa traduction de l’ouvrage de Nancy Fraser « Qu'est-ce que la justice sociale ? : Reconnaissance et redistribution » (La découverte, 2005).

    Partenaires du séminaire

    • Maison des Sciences de l’Homme en Bretagne, Participation financière, Projet METICS
    • Institut de Recherche en Santé Publique, Participation Financière,
    • Association de prévention contre le suicide : mise à disposition de matériaux empiriques à la base
    • des interventions au cours du séminaire.
    • Le laboratoire Prefics (Plurilinguismes, représentations, expressions francophones, information, communication, sociolinguistique (PREFics), Université Rennes II, EA 4246.

    Texte de cadrage du séminaire

    Ce séminaire voudrait proposer un regard pluriel sur la problématique la souffrance sociale. Cette thématique ne constitue évidemment pas un objet nouveau pour les sciences sociales. Des analyses séminales de Durkheim sur le suicide jusqu'aux plus récentes réflexions d'Emmanuel Renault, de Guillaume Le Blanc, de Mickaël Foessel et de bien d’autres, la sociologie et la philosophie sociale n'ont eu de cesse de ré-affirmer le caractère sociale de la souffrance - et de soustraire ainsi son savoir à l'autorité exclusive de la psychologie. L'originalité de ce séminaire tiendra donc moins à son objet qu'à son corpus et à la spécificité de sa démarche.

    Les interventions de ce séminaire auront en effet pour point commun de s'appuyer sur l'analyse d'un même corpus retraçant les échanges entre des bénévoles d’une association de prévention contre le suicide et des Individus en situation de souffrance. Se sont en effet multipliés, ces dernières années, les dispositifs d'écoute spécialement conçus pour recueillir le mal-être, la souffrance ou encore la détresse du corps social (S.O.S Suicide, Santé Fil Jeune, S.O.S Femmes battues, S.O.S Amitié, pour ne citer que ces associations). À l'ombre de l'espace public, ces conversations à distance (téléphone, mail ou chats) permettent aux personnes en souffrance de trouver une oreille anonyme et bénévole pour partager leurs vexations, leurs peines, leurs colères, ou encore leurs lassitudes. Chez eux, assis devant un écran d’ordinateur, les mains rivées sur le clavier, ceux-ci articulent par écrit, ce qui, de leur vie, est habituellement passé sous silence. Ce séminaire se voudra ainsi attentif à ces « nuls parts », et à ce qui, dans ces récits ordinaires, se raconte.
    Ce corpus de message constitue un matériau sociologique tout à fait inédit. Non constituées pour le chercheur, ces correspondances émanent de femmes et d’hommes provenant de toutes les couches sociales de la société. Surtout, elles mettent en scène comment les individus pensent leur souffrance avec leurs propres mots, les causes telles qu’elles apparaissent à leurs yeux, les moyens de leur dépassement, et les raisons qui les poussent à rendre communicable leur situation à un tiers anonyme. Ce séminaire s'intéressera ainsi moins aux causes effectives de la souffrance qu'à ce que signifie « dire sa souffrance ». Car conter ses malheurs au moyen du langage et se figurer par écrit, c’est déjà entretenir une relation avec un autre que soi-même : c’est, d’une certaine façon, se dire et se narrer avec le social en nous. À l’examen de ces écrits s’ajoute une étude de son écoute. Car si des individus isolés trouvent aujourd’hui, grâce aux technologies de communication, une oreille attentive à leurs chagrins, il nous faudra à notre tour écouter cette bienveillance et ses manières si particulières de veiller sur la souffrance. Ce projet d’étude aura ainsi pour objectif d'envisager ensemble la souffrance, ses modalités d'écoute, ses modalités d'expression, et son inévitable dimension politique.
    Dans cette intention, un même corpus a été adressé à tous nos intervenants. Il s’agit de témoignages émanant d’individus en situation de détresse qu’ils adressent à des associations de prévention contre le suicide. À partir du partage de la même compilation de témoignages, le but est de confronter les regards avisés que chacun pourrait avoir à leur contact. Tous les intervenants ont ainsi été conviés à porter leur regard sur les manières spécifiques qu’ont ces hommes de se raconter, afin de mêler la réflexion théorique à ces expériences d’écriture habituellement retranchées du visible.

    Responsables scientifiques

    • Romain Huët, Maitre de conférences en sciences de la communication, Université Rennes 2
    • Alexandre Rouxel, Doctorant en sciences de la communication, Université Rennes 2
    • Olivier Sarrouy, Maitre de conférences en sciences de l’information et de la communication, Université Rennes 2

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