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Art et féminisme

Gouvernance dans les institutions publiques et privées
Séminaire
Art et féminisme

Ce cycle de séminaires est conçu comme un espace de présentation et de discussion des recherches sur le genre effectuées en Bretagne.

La séance dirigée par Fanny Bugnon (MCF CIAPHS, EA 2241, Rennes 2) comportera deux exposés :

Éliane Elmaleh (PR en anglais, Université du Maine au Mans), "Barbara Kruger : une critique genrée de la société de consommation"

Elvan Zabunyan (PR en histoire de l’art, Rennes 2), "Écrire les images, filmer les mots"

Éliane Elmaleh est Professeure des Universités à l’Université du Maine au Mans. Elle enseigne la civilisation et l’histoire américaines ainsi que l’histoire de l’art au Département d’Études Anglophones. Ses domaines de recherche sont l’art américain contemporain, les médias, les discours identitaires et féministes. Elle a publié un grand nombre d’articles dans des revues universitaires telles que Annales du Monde Anglophone, Revue Française d’Études Américaines, the European Journal of American Culture, la revue Lisa ou encore Transatlantica.

« Barbara Kruger : une critique genrée de la société de consommation »
Barbara Kruger est une artiste conceptuelle américaine qui a émergé dans les années 1980, et dont les travaux questionnent les notions traditionnelles de « féminin » et de « masculin » liées à une idéologie essentialiste. Sa pratique artistique qui est en rupture avec celle des générations précédentes, se revendique d’un féminisme très actif et utilise, à des fins idéologiques, le stéréotype, l’appropriation et le détournement d’images. Elle investit ainsi l’espace médiatique à travers des actions dirigées contre « la mystique féminine », la société de consommation et la publicité. Elle tient un discours critique sur le capitalisme et adhère à des théories incluant le post-structuralisme et la déconstruction féministe.
Pour cette présentation, Eliane Elmaleh s’intéressera plus spécifiquement aux travaux qui ont été produits dans les années 1980. Elle analysera la façon dont Barbara Kruger déstabilisait les significations des images associées à des valeurs patriarcales, exposait les implications du regard et du consumérisme dans une perspective féministe. Elle montrera que les normes sociales issues du patriarcat sont déconstruites dans ses travaux et que Barbara Kruger offre aux spectateurs une grille de concept les forçant à questionner leurs propres perceptions.

Elvan Zabunyan, historienne de l’art contemporain, est professeure à l’Université Rennes 2 et critique d’art. Ses recherches portent sur l’art nord-américain depuis les années 1960 et notamment le tournant 1970 autour des questions raciales et féministes, les problématiques issues des cultural studies, des théories postcoloniales et des études de genre en cherchant à construire, grâce à ces pensées critiques, une méthodologie de l’histoire de l’art contemporain articulée autour d’une histoire culturelle, sociale et politique. Elle a notamment publié Black is a color, une histoire de l’art africain américain (2004).« 

Écrire les images, filmer les mots »
La transdisciplinarité est, pourrait-on dire, l'une des spécificités des avant-gardes artistiques où les croisements et les décloisonnements opèrent sous différentes formes de représentation. La période féministe, depuis le tournant 1970, s'inscrit dans ce processus de création. Les femmes qui s'y engagent sont le plus souvent artistes ET intellectuelles. En convoquant Monique Wittig et à partir des productions de Theresa Hak Kyung Cha, Trinh T. Minh-ha et Renée Green, il s'agira de réfléchir à ces déplacements esthétiques, critiques, poétiques et politiques.

Argumentaire

Comme le montre la création d’un GIS genre au CNRS en 2012, les recherches sur le genre ne cessent de croître et de gagner en légitimité sur le territoire français. Dès les années 1980, des membres de l’ESR breton se sont saisis de cette problématique. Depuis lors, les études sur le genre se sont fortement développées sur le territoire : selon le recensement national de ces études, les villes universitaires de Rennes et de Brest se distinguent parmi les pôles dynamiques de la recherche sur le genre (Schweier, CNRS, 2012). Outre leur nombre, la diversité de ces études est elle aussi importante : elles portent aussi bien sur l’histoire du genre, des femmes et du féminisme ; sur la construction des identités sexuées et sexuelles, selon l’âge, les territoires, les professions, les pratiques culturelles et éducatives ; sur les inégalités de sexe et les politiques d’égalité ; sur les femmes et les représentations du genre dans l’art ; sur l’intersectionnalité des rapports de pouvoir ; etc. La recherche bretonne en études genre se montre particulièrement riche et à même d’analyser nombre de défis auxquelles les sociétés, européennes et non européennes, font aujourd’hui face.

Cependant, la recherche bretonne reste relativement morcelée, du fait de la dispersion de ses membres dans les diverses disciplines, centres de recherche, universités et grandes écoles de Bretagne. Et, comme tout champ dynamique de recherche scientifique, ses approches sont diverses et parfois, contradictoires.

Le séminaire « Le genre à l’Ouest » propose de constituer un espace d’échange et de dialogue entre l’ensemble des chercheur-e-s qui travaillent sur cette thématique, sans distinction de discipline, d’orientation théorique ou de statut (titulaires, non-titulaires, doctorant-e-s). Il est conçu comme un espace permettant la circulation des savoirs et de l’avancée des recherches sur le genre des chercheur-e-s de la région Bretagne. Ce séminaire a pour objectif de constituer un premier réseau, destiné à s’associer, à plus long terme, avec les chercheur-e-s sur le genre des Pays de La Loire. 

Ce séminaire se veut par ailleurs un lieu de rencontre et d’échange sur le genre face aux défis sociétaux. En effet, les mutations du travail, de la famille, des modes d’habitat, des mobilités, des usages des TIC, des politiques publiques, etc., impactent l’organisation des rapports de genre. De manière dialectique, les transformations du genre travaillent elles aussi de nouveaux rapports à l’emploi, au territoire, à la parenté, à la culture, etc. Les mutations du genre, face à un monde en changement, semblent une entrée particulièrement pertinente pour analyser les défis auxquelles s’affrontent les sociétés. En cela, le séminaire est ouvert à la participation de toutes et tous.

Comité d’organisation
  • Arlette Gautier, professeure en sociologie, UBO, CRBC
  • Hélène Nicolas, docteure en anthropologie, chargée d’enseignement, Rennes 2, CIAPHS
  • Stéphane Héas, MCF HDR en sociologie, Rennes 2, VIPS
  • Caroline Ibos, MCF HDR en sciences politiques, Rennes 2, LEGS
  • Fanny Bugnon, docteure en histoire, chargée d’enseignement, Rennes 2, Centre Émile Durkheim

infos

14:00 > 16:30 - Entrée libre
UFR Lettres et Sciences Humaines, UBO, salle B206
Campus la Harpe, Université Rennes 2, salle 148