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Biennale de l'anthropophagie :
stratégies géopolitiques

Arts et Création
Séminaire
Projet ECCO AMLAT

Cette séance sera présentée par Estelle Nabeyrat.

La revue britannique Afterall a récemment consacré un ouvrage dans sa collection Exhibition Histories series, élevant ainsi la XXIVe Biennale de São Paulo au panthéon des expositions historiques. Inaugurée en 1998, elle fut empreinte d'une forte position curatoriale car, jamais une exposition d'une telle envergure, n'avait été consacrée au sujet anthropophage. La 24ème biennale fut donc le principal déclencheur d'une importante mise en circulation du thème de l'anthropophagie.

Et avec elle, c'est toute une réflexion sur les principes mêmes qui fut entamée : appropriation, échange, distribution... à l'heure ou le curatorial s'accompagne d'une émergente évaluation de la curation comme système d'infiltration à d'autres modèles, une révision de la Biennale sur la culture anthropophage s'impose. Véritable entreprise de reformulation d'une histoire de l'art critiquée pour sa vision trop occidentalo-centrée, l'édition de cette biennale s'affirmait comme un modèle d'exposition inédit portant, dans cette perspective, le chantier en Amérique latine d'une réflexion sur le post-colonialisme.

Pour autant, le point de friction qui s'opère habituellement à l'intérieur de ces questions se traduisait en réalité ici par un point d'absorption. En quelques mots, la rhétorique post-coloniale se trouvait subtilement recalibrée pour mettre à l'ouvrage les notions d'échanges et pour rendre visibles les espaces de partages pouvant se dessiner dans la relation colonisateur-colonisé.

 

Estelle Nabeyrat est commissaire d'exposition et critique d'art indépendante. Elle est diplômée d'un Master de l'EHESS et de l'Ecole du Magasin. Elle a réalisé plus d'une vingtaine de projets curatoriaux principalement en France (la box, Bourges en 2006-2007, Astérides, Marseille, Palais de Tokyo, Espace Khiasma, galerie Joseph Tang, galerie Emmanuel Hervé...), en Allemagne (Ferderkiel Stiftung Leipzig, Neuer Aachner Kunstverein), aux Etats-Unies (Dallascontemporary, Scaramouche gallery New-york), aux Pays-Bas (Rongwrong, Amsterdam) et au Brésil (Museu Da Republica, Rio de Janeiro). Ses textes ont été publiés dans les revues L'art même, Code magazine, Kaleidoscope, Komplot, Recibo, Zérodeux, et les catalogues Dynasty (Musée d'art moderne), Premières (Cac Meymac). Elle a participé aux résidences du Pavillon au Palais de Tokyo (2010-11), Capacete Rio de Janeiro (2011) et a bénéficié de la bourse du Museum of Fine-art Houston-Brown Fellowship (2009) et de l'allocation du CNAP (2012) pour ses projets et travaux de recherche sur le re-enactment d'événements historiques et l'anthropophagie. Elle a été responsable des relations internationales puis coordinatrice pédagogique dans plusieurs établissements d'enseignements artistiques : Akademie der Bildende Kunst, Wien (2003), Ecole Nationale des beaux-arts de Lyon (2003-2008), Esad Reims (2010), Ecole du Magasin, Cnac le Magasin (2014-15). Pour l'association CEA, elle a co-édité en 2015 « Réalités du commissariat d'exposition" (Ensba-Paris/Cnap).
 
 
 
Le séminaire « Politiques de la résistance : tactiques et stratégies artistiques en Amérique latine (Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Mexique) » est conçu et organisé par Laurence Corbel
 dans le cadre du programme de recherche
 ECCO AMLAT : « Écritures et paroles d’artistes : contributions aux scènes artistiques contemporaines d’Amérique latine ».