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Armorique, Amériques, Atlantique

BRETNO-PROCH

La place de la Bretagne dans l'élaboration d'une ethnologie du proche

Responsable scientifique

Jean-François SIMON
EA 4451 CRBC
Université de Bretagne Occidentale
Pôle : Armorique, Amériques, Atlantique
Disciplines : Ethnologie, Histoire Contemporaine, Histoire Moderne, Histoire, ethnologie, ethnologie
Partenaires régionaux : EA 4451 CRBC | UMR 6258 CERHIO | LASCO
Partenaires internationaux : Centre canadien de recherche sur les francophonies en milieu minoritaire
Type d'aide :
- Financier
Durée : 01-09-2009 / 30-09-2012
Mots clés disciplinaires :

Le projet « La Bretagne dans l’élaboration d’une ethnologie du proche » n’entend surtout pas être marqué au sceau d’un repli géographique ou disciplinaire ; il espère, au contraire, se nourrir d’un questionnement à différents échelons.

Premier échelon : la marge, entre marginalité mimétique et marginalisation sociale et culturelle. De même que les périphéries celtiques furent l’objet de l’attention des chercheurs britanniques qui, dès les années 1930, multiplièrent les monographies de villages cornouaillais, gallois ou écossais, la Bretagne n’a cessé d’attirer l’attention d’hommes et de femmes qui, au nom de logiques quelquefois antagonistes – la Bretagne comme conservatoire des traditions, eldorado linguistique, creuset d’une petite patrie capable de concilier traditions et modernité – en firent un observatoire anthropologique privilégié.

Deuxième échelon : l’ethnologie du proche, une épistémologie de l’exotisme en sciences sociales. À rebours d’une certaine histoire de l’ethnologie qui indexe l’exploration du domaine français sur le rapatriement des chercheurs à la suite des décolonisations et compte tenu de l’épuisement des objets ultramarins, nous suggérerons que le proche fut passé au crible bien avant ces retours « au pays natal » quand bien même il le fut par des collecteurs et des folkloristes.

Troisième échelon : la constitution d’un corpus de nouvelles données et l’élaboration de nouveaux concepts. Que savons-nous vraiment de la naissance du premier écomusée (la maison du Niou-Huella à Ouessant) et des ambitions, intérêts, démarches qui y présidèrent ? Comment et pourquoi la série bretonne du Musée du Trocadéro fit-elle écrire à Armand Landrin qu’elle était « actuellement [1888] la plus riche que posséd[ait] cette section du Musée » ? Comment l’enquête menée sous l’égide de la DGRST à Plozévet influença-t-elle les enquêtes RCP qui la suivirent et la prolongèrent ? Autant de questions qui demeurent pour le moment sans réponse.

Quatrième échelon : une comparaison à l’échelle européenne. Selon des chronologies différentes, en fonction des rapports au fait national qui n’eurent, à l’échelle des états du continent, ni la même intensité, ni les mêmes enjeux, ni les mêmes soubassements idéologiques et intellectuels, les marges ont été au cœur du dispositif ethnographique dans une logique de fascination (exotisme, pittoresque, « authenticité »)-répulsion (fragmentation du tissu national) ou d’occultation.