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Hors - pôles

TECHNES

Des techniques audio-visuelles et de leurs usages : histoire, épistémologie, esthétique

Responsable scientifique

Gilles Mouëllic
EA 3208 APP
Pôle : Hors - pôles
Disciplines : Arts plastiques, Etudes cinématographiques, Etudes cinématographiques, , Histoire de l'art, Histoire et esthétique du cinéma
Partenaires internationaux : GRAFICS
Partenaires régionaux : EA 3208 APP | EA 1279 HCA
Type d'aide :
- Financier
Durée : 01-01-2013 / 31-12-2013

Le programme TECHNÈS réunit des intervenants des milieux de la recherche et de la création cinématographique qui pensent que le cinéma est d’abord et avant tout un « art technologique ». Notre programme commun est de considérer ensemble art et technique puisque la technique, qui est un art en soi, est par ailleurs ce qui fait l’art au cinéma et en même temps ce qui fait l’art du cinéma. Dès lors, il y a lieu d’envisager le fait que les techniciens et techniciennes du cinéma ne sont pas de simples collaborateurs… techniques. En effet, on fera ici le pari que les techniciens et techniciennes du cinéma sont tout aussi bien des créateurs méconnus, qui participent à faire en sorte que ce geste initial qu’est le simple « enregistrement » de performances d’acteurs contribue à introduire dans le matériel filmique une couche d’« interprétation plastique » (Canudo, 1911). Le programme TECHNÈS consiste ainsi en une tentative de compréhension de la nature, des opérations et des fonctions des arts de l’image et du son à l’époque contemporaine et à l’époque actuelle. Il se propose de saisir les enjeux historiques, artistiques, culturels et philosophiques de ces arts auditifs, visuels et audio-visuels pris dans le grand mouvement de technicisation et d’industrialisation qui est le propre de la culture occidentale depuis les débuts du XIXème siècle jusqu’à sa quasi complète mondialisation d’aujourd’hui. Ce mouvement engendrerait une épistémè (Michel Foucault) et une esthémè (Catherine Kintzler) que TECHNÈS voudrait cerner en mettant au coeur de sa recherche le cinéma en tant qu’il peut être considéré comme : a) un art de la synthèse des arts (voire un art total) ou de l’intermédialité ; b) un art soumis aux exigences matérielles, économiques et commerciales de l’industrie et du spectacle culturels au sein d’une société de plus en plus urbaine et massifiée ; c) un art-machine dont les oeuvres sont constituées par la médiation de dispositifs technologiques de plus en plus emboîtés et complexes ; d) un art de création et de documentation à la fois individuel et collectif ; e) un art qui repose sur la production technique d’images animées et sonorisées en congruence avec les images physiologiques et psychologiques de la perception ou du rêve ; f) un art de la représentation mais à l’époque critique du vacillement du concept de représentation (et des concepts associés : image, sujet, objet, monde) sous les coups de boutoir des sciences humaines (linguistique, sociologie, psychologie, psychanalyse, etc.) ; g) un art adéquat à notre société sécularisée ou laïcisée parce qu’il serait — en prenant « le parti-pris des choses » ou le parti-pris des corps — un art sans « aura » (W. Benjamin) et, par principe, un art « réaliste et matérialiste » (E. Panofsky).