Projet accompagné dans le cadre de l'appel à manifestation d'intérêt "Traitement et analyse de données quantitatives"
Résumé
L’écologie percute aujourd’hui de façon croissante le monde du travail : mises en cause des nuisances causées par les grandes entreprises, multiplication des prises de parole critiques des salariés, essor des politiques de « responsabilité sociale et environnementale », etc. Pourtant, les ancrages professionnels des représentations et des pratiques liées à l’écologie restent peu étudiés par les sciences sociales. Au croisement de la sociologie politique, de la sociologie du travail et des études environnementales, le projet ECOTRA propose, de façon inédite, de saisir le travail comme un espace de socialisations, d’engagements et de luttes écologiques. Il poursuit deux objectifs scientifiques originaux : (1) interroger en quoi les rapports sociaux de travail produisent, renforcent ou infirment des représentations et des dispositions à l’engagement écologique ; (2) examiner dans quelle mesure la cause écologique s’impose comme un ressort de l’engagement et de la conflictualité au travail. Ce faisant, il défend l’idée qu’une focalisation sur le travail permet de renouveler la compréhension des clivages qui traversent la société et les mobilisations autour des enjeux écologiques, mais aussi des transformations des dynamiques d’engagement dans la sphère professionnelle, dans un contexte de reflux du syndicalisme et de « moralisation » du capitalisme.
Le projet s’inscrit au cœur des préoccupations scientifiques de l’axe « Anthropisation, anthropocène », au sens où il interroge les recompositions des comportements humains dans une sphère sociale fondamentale – le travail –, au regard de la montée en puissance des impératifs de transition écologique. Le projet s’appuie centralement sur des méthodes quantitatives et analyses statistiques. Le soutien de la PUD-B constituera un appui pour de premières expérimentations statistiques, à partir d’analyses des séries d’enquête de l’ISSP (International Social Survey Programme) sur l’environnement (2020) et le sens au travail (2025), qui permettront d’affiner les hypothèses de recherche en vue de l’élaboration et de la soumission d’un projet d’enquête originale par questionnaire, via le panel ELIPSS (Étude longitudinale par Internet pour les Sciences Sociales).