En 2025, le Living Lab GLAZ a porté l’étude « Risques côtiers en société », qui se structure autour de l’enjeu d’accroître la compréhension de l’émergence des risques côtiers en tant que problème éprouvé et l’appréhension de cette thématique par les populations concernées dans un contexte de reconfigurations territoriale, sociale et politique.
En prolongeant les perspectives ouvertes par l’étude sur les risques côtiers menée au sein du Living Lab GLAZ, la journée d’étude « Les sociétés littorales face aux risques : expériences, alliances, transformations » permet d’ouvrir un espace de rencontre et de discussion autour des enjeux des risques sur les littoraux. Elle vise à la fois à donner de la visibilité aux recherches collectives déjà structurées sur le territoire breton, et ainsi à clarifier le paysage de la recherche sur les risques côtiers à partir de perspectives en sciences sociales, mais également à promouvoir les rencontres et échanges interdisciplinaires.
Lancé en 2024 et hébergé par la MSHB (Rennes), le Living Lab GLAZ encourage des recherches multidisciplinaires et collaboratives favorisant la mise en réseau de chercheur·es issu·es des sciences humaines et sociales et des sciences de la nature autour d’une même perspective associée à la compréhension des interactions « humains - environnement » à l’échelle de la région Bretagne. Le Living Lab est ainsi un lieu de ressources et d’échanges accompagnant l’émergence de projets et de dispositifs collaboratifs expérimentaux, associant les acteurs scientifiques et institutionnels des territoires ainsi que la société civile. Pour l’année 2025 le Living Lab a porté l’étude « Risques côtiers en société » qui se structure autour de l’enjeu d’accroître la compréhension de l’émergence des risques côtiers en tant que problème éprouvé et l’appréhension de cette thématique par les populations concernées dans un contexte de reconfigurations territoriale, sociale et politique.
En prolongeant les perspectives ouvertes par l’étude sur les risques côtiers menée au sein du Living Lab GLAZ, la journée d’étude « Les sociétés littorales face aux risques : expériences, alliances, transformations » permet d’ouvrir un espace de rencontre et de discussion autour des enjeux des risques sur les littoraux. Elle vise à la fois à donner de la visibilité aux recherches collectives déjà structurées sur le territoire breton, et ainsi à clarifier le paysage de la recherche sur les risques côtiers à partir de perspectives en sciences sociales, mais également à promouvoir les rencontres et échanges interdisciplinaires. Au-delà de la définition classiquement retenue en géographie des risques côtiers comme relatifs aux phénomènes d’érosion et de submersion, la journée vise à confronter différentes traditions et cultures disciplinaires contribuant à renouveler les approches des bouleversements environnementaux sur les littoraux. L’un des objectifs de la journée est ainsi de permettre de mettre en relation les risques côtiers, entendus comme phénomènes d’érosion et de submersion, avec d’autres formes de compréhensions de l’altération de l’habitabilité des littoraux.
Les littoraux sont des territoires mouvants qui connaissent des aléas naturels, tels que l’érosion des côtes et la submersion marine, qui tendent à s’accentuer sous l’effet des changements climatiques. En effet, de manière simultanée, alors qu’un discours politique et médiatique tend à favoriser l’émergence et la mise en discussion des bouleversements environnementaux contemporains sur les littoraux sous le cadrage du réchauffement climatique, les premiers effets de la législation en vigueur prenant en charge la gestion de ces risques se font sentir sur les territoires concernés et mobilisent des acteur·rices très divers·es : population riveraine, associations citoyennes, élu·es, usager·ères d’infrastructures côtières, technicien·nes impliqué.es sur le sujet au sein de différentes structures, etc. L’exposition à ces aléas contribue à la mise en œuvre de politiques d’anticipation et d’adaptation qui participent également d’une recomposition matérielle et sociale des littoraux (Elliott, 2018 ; Paprocki, 2018, 2019).
Face aux conséquences de ces bouleversements, la gestion des risques côtiers tend à se déplacer d’une conception fixiste du trait de côte vers la promotion d’une gestion souple, tenant compte de la mobilité naturelle du trait de côte. Cette naturalité revalorisée de la plage peut entrer en tension avec un processus de littoralisation non démenti qui se dit notamment dans la valeur accordée aux biens immobiliers vantant la vue sur mer (Cazeaux, 2022). Cette apparente immobilité qui tend à favoriser le statu quo conduit des scientifiques à qualifier le silence des populations de déni (Hochedez et Leroux, 2018), encouragé par le peu de visibilité sociale de ces phénomènes : pas de mobilisation d’ampleur ici, mais des transformations à bas bruits, des séries de déplacement difficilement identifiable ou repérable a priori.
En effet, d’un côté, un pan de la recherche sur les risques côtiers, construit sur l’objectivation et la quantification des conséquences des aléas sur une société donnée, semble faire état d’une disjonction entre le constat alarmiste d’un danger à vivre sur la côte et le concernement faible ou inexistant de la société civile (Adloff et Rehdanz, 2023 ; Adger, et al. 2009 ; Lemée, et al. 2022). D’un autre, la recherche sur les risques en sciences sociales privilégiant des approches compréhensives, si elle constitue un champ dense et structuré, se penche peu sur la spécificité des risques environnementaux sur les côtes qui génèrent peu de mobilisation, dont les formes de concernement sont peu visibles et peu institutionnalisées.
La journée articule différents moments détaillés ci-dessous et réunit des spécialistes de différents domaines autour de deux axes principaux de réflexions :
Appréhensions et compréhensions des risques : processus de qualification, de reconnaissance et de visibilité. Comment se constitue un concernement pour les risques côtiers, selon quels cadrages se développe-t-il et avec quelle visibilité ? Comment cet objet est-il constitué en problème légitime dans la sphère publique et quels sont les acteurs de cette légitimation ? Comment l’émergence des risques côtiers comme problème public reconfigure-t-elle, se confronte-t-elle, à des positionnements plus établis ?
Recherche partenariale, collaborative, participative. Comment la recherche sur les risques se structure-t-elle à une échelle régionale et comment ses acteurs travaillent-ils avec les acteurs institutionnels et non-institutionnels mobilisés sur un territoire donné ?
- 9H00 - Accueil des participant·es
- 9H30 - Mot d'accueil - Marc Bergère (directeur de la MSHB).
- 9H40 - Introduction – le Living Lab GLAZ : ancrages territoriaux et étude sur les risques côtiers - Claire Lesacher (coordinatrice du Living Lab GLAZ)
1. Mobilisations citoyennes et débat public
- 9h50-10h - Les risques côtiers dans la presse quotidienne régionale en Bretagne : l’émergence d’un problème public ? - Félicie Hazard (Living Lab GLAZ).
- 10H-11H - Table-ronde – Des citoyen·nes face aux risques
Comment les risques côtiers sont-ils appréhendés pour celles et ceux qui s’en emparent à partir d’une perspective habitante ? À partir de l’étude menée sous l’égide du Living Lab GLAZ et de la cartographie des formes d’engagement sur le littoral breton (Hazard 2026), il est possible de situer l’émergence des risques côtiers dans ce paysage comme une construction récente - à quelques rares exceptions près. À ce jour, il n’existe en effet pas ou peu de formes d’action collective qui se structurent à partir d’une préoccupation pour les risques côtiers : la thématique émerge à travers d’autres enjeux, comme participant d’un registre de justification pour légitimer une opposition, ou comme l’une des pressions anthropiques parmi d’autres qui pèsent sur le littoral. Pour autant, la manière dont les collectifs constitués font de la question des risques côtiers un enjeu et une préoccupation mérite d’être resituée à partir des trajectoires des collectifs les plus visibles et les plus structurés sur ces questions en Bretagne.
Cette table-ronde donne la parole à des représentant.e.s de diverses organisations issues de la société civile: membre d’association, journaliste spécialiste des questions littorales, et co-fondatrice d’un tiers-lieu « Climat et littoral ». La journée s’ouvre ainsi par les récits des trajectoires de vie et d’engagement de celles et ceux qui vivent avec les risques sur la côte.
Avec : Denez Lhostis (Effet Mer, France Nature Environnement, Finistère Sud), Akira Lavault (co-fondatrice du tiers-lieu Maison GLAZ, Gâvres), Denis Vannier (journaliste, cartographe, collaborateur du média SPLANN).
Animation : Alix Levain (CNRS, POSSEA, Brest).
PAUSE 10 MIN
2. Co-construire la connaissance du risque sur un littoral habité : les observatoires du trait de côte et leurs ancrages territoriaux
- 11H10-13H00 - Table-ronde : les observatoires régionaux du trait de côte à l’interface science-société
Les observatoires du trait de côte jouent un rôle essentiel dans la production de connaissance territorialisée sur les évolutions de la côte et l’accompagnement des politiques d’anticipation et de gestion des risques sur les littoraux. L’étude du Living Lab a permis de souligner le rôle structurant pour les dynamiques de recherche implantées localement des observatoires régionaux des risques côtiers, qui apparaissent comme les principaux espaces de structuration de la recherche sur les risques côtiers dans une perspective interdisciplinaire. Si ces structures ont en commun la production de données sur les évolutions du trait de côte ils reposent sur des structurations et entretiennent des relations aux territoires dont les distinctions sont nombreuses. Quelle place les acteurs impliqués accordent-ils à ces partenariats ? Comment contribuent-ils à transformer leurs approches ? Qu’est-ce que cela fait à la recherche menée ? Comment s’articulent les différentes composantes portées par les observatoires, à la fois structure de recherche, et structure d’appui et d’aide à la décision visant à accompagner la gestion des risques sur les territoires ?
Avec : Riwan Kerguilec (OR2C, LETG, Nantes) et Jean Magne (responsable de la gestion et protection des zones littorales à Océan Marais de Monts), Agnès Baltzer (OdySeYeu, LETG, Nantes) et Elsa Cariou (docteur en géologie, ingénieure de recherche), Noé Metge (OCLM, Géo-Océan, Vannes) et Maryse Lejeune (Association Objectif Dune, Gâvres), Nicolas Le Dantec (UBO, OSIRISC, Géo-Océan, Brest) et Yves Carpier (Saint Brieuc Armor Agglomération).
Animation : Anne-Lise Jaillais (IRIS-E, Université de Rennes)
PAUSE DÉJEUNER – Cocktail déjeunatoire (13H00-14H00)
3.HABITABILITÉ DES TERRITOIRES LITTORAUX ET RISQUES CÔTIERS
L’accentuation des pressions anthropiques sur les littoraux se conjugue avec les effets du changement climatique contribuant à une reconfiguration à plusieurs niveaux des possibilités de vie sur la côte. La prise en charge croissante des enjeux liés au changement climatique global semble participer d'une conscience diffuse de la précarité de l'habitabilité liée à la situation des littoraux. L'habitabilité met l'accent
autant sur la co-spatialité, les processus relationnels (Fourny, 2016) à l'œuvre entre humains et non-humains qui cohabitent sur un même territoire, que sur les conditions à partir desquels un territoire est jugé viable (Paprocki, 2019). Elle dessine un lieu investi collectivement, ouvrant à la question multiscalaire des résonances entre prise en charge individuelle des risques et la possibilité d'une réponse collective : la
pression physique exercée par la perte d'habitabilité se conjugue à une pression sociale liée à l'attractivité des territoires littoraux, qui contribue autant à produire qu'à révéler des inégalités de traitement et d'exposition (Claeys, et al. 2017 ; Long, et al.
2022).
Ce troisième temps de la journée d’étude ouvre un espace d’échange résolument interdisciplinaire à partir de travaux de sociologie, sciences politiques et géographie pour interroger qui peut vivre sur la côte avec les risques et à quelles conditions.
- 14H00-14H15 - Habiter un territoire soumis à des risques côtiers : entrées thématiques dans la littérature internationale - Félicie Hazard (Living Lab GLAZ).
- 14H15-14H55 - Les risques littoraux vus par la sociologie des catastrophes - Benoit Giry (maître de conférences en sociologie, Sciences Po, Rennes).
Discussion : Catherine Meur-Ferec (professeure de géographie, UBO, IUEM, LETG, Brest).
PAUSE 10 MIN
- 15H05-15H55 - Les cartes et leur rôle pour assurer l'habitabilité des littoraux face au changement climatique : de l'aménagement du territoire à l'assurance - Ariane Desroches-touchain, (doctorante en sociologie, Laboratoire CSO, IDHA, ENS Paris-Saclay, Sciences Po), Cassandre Rey-Thibault, (post-doctorante en géographie, CEE, Sciences Po).
Discussion : Julie Delannoy (post-doctorante en géographie à l’Université du Québec à Rimouski, en visio) sous-réserve de confirmation. - 15H55-16H35 - Littoralité et inégalités - Invité : à confimer.
Discussion : Béatrice Quenault (maîtresse de conférences en sciences économiques, Eso, Rennes). - 16H35 - Conclusion – Quelles perspectives pour la recherche transdisciplinaire sur les risques côtiers en Bretagne? - Jean-Pierre Le Bourhis (Co-responsable scientifique du Living Lab GLAZ, Arènes)
16h45 - FIN DE LA JOURNÉE D’ÉTUDE
FORMULAIRE D'INSCRIPTION À LA JOURNÉE (en présentiel ou distanciel)
L'inscription est gratuite mais obligatoire, avant le 19 mars
Le Living Lab GLAZ s'intègre au métaprojet CPER Bretagne GLAZ 2021-2027 "Construction d’une infrastructure de recherche pour anticiper et accompagner les transitions socio-écologiques"
Co-porteurs du Living Lab GLAZ
Financeurs du Living Lab GLAZ